La Compagnie Affable

La Compagnie Affable rassemble des comédiens autour des grands textes du théâtre, de la littérature, de la poésie et du cinéma.

Denis Lavant joue Céline au cinéma

Louis-Ferdinand Céline film Denis Lavant.jpg

Après avoir incarné Louis-Ferdinand Céline quatre ans au théâtre dans l’excellent Faire danser les alligators sur la flûte de Pan (récompensé par un Molière), le comédien Denis Lavant « met sa peau sur la table » de l’écrivain au cinéma. Le film d’Emmanuel Bourdieu sous-titré « Deux clowns pour une catastrophe » revient sur la relation entre le littérateur exilé au Danemark et un universitaire juif américain, Milton Hindus, qui lui manifeste son admiration et son soutien indéfectible, avant de découvrir toute la noirceur de son idole.

Louis Ferdinand Céline film.jpgDans une interview donnée sur France Culture, on apprend que le parcours de Denis Lavant est semé de rencontres avec Céline. Au Conservatoire, déjà, Jacques Lassalle lui demande de travailler Mort à crédit. Puis, il collabore avec Léos Carax, qui aime glisser des références à l’auteur sulfureux dans chacun de ses films… Les doutes apparaissent quand Ivan Morane lui propose les Alligators :

« J’ai vraiment hésité […] Est-ce que ça vaut la peine de porter ce personnage qui a une réputation d’antisémite notoire, qui s’en cache pas, qui a écrit des pamphlets, qui a eu une posture odieuse avant la guerre et pendant l’Occupation…? […] Et puis je me suis dit : ça vaut la peine, parce qu’il témoigne d’une époque, de la première partie du XXème siècle, où il y a des journaux antisémites, où il y a une banalité de l’antisémitisme et du racisme avec les colonies dans la société française. »

« C’est sain d’exprimer cette parole, en montrant le personnage, en étant comme un forain qui montre un ours, un monstre. »

Toujours le même intérêt pour les contradictions de cet homme, à la fois odieux personnage, « histrion destructeur » et « écrivain génial qui a révolutionné le roman français ». Il parle du plaisir de jouer des salauds :

« C’est pour ça qu’on est comédien. C’est pas pour jouer des gens banaux, ou des gens tranquilles, tièdes. En tout cas, moi, c’est pour jouer des personnages excessifs, et des personnages en crise, qui sont dans la vie, qui témoignent d’une vie tourmentée. »

Et c’est le portrait d’un homme en crise, au plus mal, plein de haine et de misanthropie, que campe Denis Lavant. Sans négliger le côté hâbleur, provocateur, plein d’humour cynique de celui qui se décrira à la fin de sa vie comme « un bouffon ».

Quand il aborde sa technique d’acteur, il parle avant tout du texte, qu’il connaît bien, pour l’avoir mâché et remâché dans les Alligators :

« Je n’étais pas un inconditionnel de Céline. J’ai pas voulu rentrer dans le mimétisme. J’ai vraiment abordé le personnage par son verbe. Déjà au théâtre, j’avais la chance d’avoir une partition, que des extraits de lettres, de textes de Céline. Y’a pas un mot qui ne soit pas de lui. »

Allez, on vous laisse avec la bande-annonce et un extrait du film !

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