La Compagnie Affable

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Mon coup de cœur du Festival OFF d’Avignon 2015 : Et Après à La Manufacture

Et Après Festival Avignon OFF 2015 La Manufacture Compagnie les Indiscrets Jean-Louis Baille Lucie GougatJ’avais vu l’année dernière une formidable mise en scène du roman Pseudo de Romain Gary signée par la Compagnie des Indiscrets, et c’est avec une grande curiosité que je suis allé voir leur nouvelle création Et Après, annoncée comme un OTNI, c’est-à-dire un Objet Théâtral Non Identifié…

J’arrive à la Manufacture en habit de lumière gonflable parce que je n’ai pas eu le temps de me changer. De leur côté, ils n’ont pas eu le temps d’installer des machines à carte bleue, quel standing ! Une fois mon argent retiré et mon costume un peu plus humide, je prends ma place et m’offre un Pac à l’eau à 2 euros 50. On me dit que ce n’est pas cher pour 50 centilitres. J’imagine que 15 000 euros la location d’une patinoire extra muros c’est donné aussi. Puis on me demande gentiment de parader ailleurs, alors que je n’ai pas braillé un instant et que j’ai un billet pour Et Après. Quel accueil… Heureusement, je pars en navette vers ladite salle où un plateau provisoire est installé et le spectacle démarre.

Et Après affiche Compagnie lndiscrets Festival Avignon OFF 2015 ManufactureJe ne suis pas d’accord avec l’appellation OTNI, c’est une autre étiquette délavée dont le seul intérêt est de ménager les effets de surprise (ce qui est déjà pas mal car beaucoup de critiques amateurs ne prennent pas cette peine). « Y’a pas d’histoire » comme l’avoue Jean-Louis Baille, mais est-ce qu’il en faut une pour faire du théâtre ? Et Après bouscule toutes les règles d’unité dans un genre elliptique comme une spirale baroque qui est aussi un hommage aux Classiques : clins d’yeux à Molière, à Shakespeare, j’en passe… A savourer la tirade des « Y’a pas » qui vous en rappellera une autre ! Théâtre dans le théâtre et hors-la-scène ! Mais je ne veux rien dévoiler de plus. Juste cette phrase attrapée au vol :

Les renards ont des terriers, les oiseaux ont des nids; l’homme n’a nulle part où poser sa tête.

C’est du théâtre en désordre, à l’image de la vie et des questions métaphysiques qui nous traversent comme des « poignards ». Il y a quelque chose de nietzschéen dans cet impromptu, dans cette variation sur le rien qui réveille les zygomatiques et les glandes lacrymales. Et c’est bien le seul spectacle qui m’a ému comme ça cette année ! La Compagnie des Indiscrets prouve une fois de plus qu' »il faut avoir beaucoup de chaos en soi pour accoucher d’une étoile qui danse » !

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Cette entrée a été publiée le 28 juillet 2015 par dans Théâtre, et est taguée , , , , , , , , .
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