La Compagnie Affable

La Compagnie Affable partage les grands textes du théâtre, de la littérature, de la poésie et du cinéma.

Le Roi Lear d’Olivier Py : beaucoup de bruit pour rien !

Le Roi Lear Fetsival Avignon Olivier Py 2015
Rien ne naît de rien

Olivier Py a pris la peine de faire briller sur la scène de la Cour d’Honneur le mot RIEN pour rappeler cette formule de Shakespeare. Cependant, il faut croire que l’ère des metteurs en scène a renvoyé le théâtre à sa poussière en poussant à l’extrême son système de remplissage.

A l’image de l’espace scénique, les intentions de jeu sont remplacées par le volume. Pourtant Dieu sait qu’Hamlet nous met en garde contre les braillements et les gesticulations outrées. La plupart des comédiens vocifèrent recto tono. Au mieux, ils surjouent. Et pour faire rire le public, ils tranchent parfois avec un ton très quotidien. C’est l’inverse qu’on aurait souhaité.

De plus, tout est dispersion. Des personnages qui n’ont pas à être visibles à un moment précis de l’action gesticulent dans un coin et accaparent notre attention. Les testicules du Roi Lear aussi. On a l’impression d’être au Salon de l’Agriculture. L’illusion du théâtre est encore brisée par un changement de décor à vue (effectuée par des régisseurs en simple noir de travail) qui dure une bonne quinzaine de minutes sur fond de jérémiades.

La seule qui est véritablement émouvante c’est Cordelia, la benjamine du Roi Lear qui préfère garder le silence à l’heure du partage de l’héritage ; étrangement, elle est jouée par une danseuse…

Et c’est le principal procès que je fais aux « metteurs en espace ». Avant de faire jouer la situation telle qu’elle est écrite, ils projettent sur le plateau des fantasmes de décorateur. Oh qu’ils sont jolis ces rubans rouges qui tombent du ciel quand la guerre fait rage, mais que dire de ces militaires en treillis cagoulés qui tirent en l’air à la mitraillette pendant trente secondes dans un vacarme assourdissant ? Peut-être, beaucoup de bruit pour rien

Est-ce cela le Festival IN d’Avignon ? Est-ce cela l’héritage du TNP de Jean Vilar ?

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Cette entrée a été publiée le 7 juillet 2015 par dans Théâtre, et est taguée , , , , , , , .
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