La Compagnie Affable

La Compagnie Affable rassemble des comédiens autour des grands textes du théâtre, de la littérature, de la poésie et du cinéma.

Les Fables de La Fontaine : bréviaire du comédien

Georges ChamaratVoici deux conférences mises en ligne par France Culture. La première intitulée « Huit siècles de littérature française » est donnée le 9 juillet 1956 par Emile Henriot, poète, romancier, essayiste, critique littéraire du journal Le Monde ; la seconde est donnée le 1er mars 1968 par Georges Chamarat, sociétaire honoraire de la Comédie Française, et s’intitule « Les Fables de La Fontaine : bréviaire du comédien » (à partir de 30:00).

http://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=4653586

« Trois siècles ont passé, et les Fables de La Fontaine ont gardé toute leur fraîcheur, toute leur jeunesse et aussi toute leur actualité. Les écoles à succès, les styles littéraires, tous pareils aux modes féminines, se démodent vite. En tout cas, La Fontaine, dans l’art de la fable, a dépassé de loin tous ses prédécesseurs. Et depuis trois siècles, tous ceux qui ont voulu écrire des fables après lui, et ils sont nombreux, sont demeurés bien loin de leur modèle. Et pourtant, en juillet 1674 paraît l’Art Poétique de Boileau et la fable ne figure pas parmi les genres poétiques qui y sont décrits, et le nom de La Fontaine n’est pas cité. La Fontaine s’était-il condamné lui-même en intitulant ses recueils de fables « Fables d’Esope mises en vers par M. de La Fontaine » ? Le problème n’a jamais été résolu. Il est absolument certain que la fable au XVIIème n’est considérée que comme un genre littéraire mineur. Il est donc certain que c’est la postérité qui a rapproché La Fontaine de nos grands Classiques, et qu’au XVIIème siècle, Corneille, Molière, Racine, Bossuet, et même Boileau le précédaient hiérarchiquement. La fable paraît avoir commencé avec l’humanité et est destinée à ceux qui font connaissance avec l’humanité, c’est-à-dire les enfants. Mais, bien vite, on s’aperçoit de la portée satirique d’un genre qui peut paraître anodin et que les poètes qui font appel aux fables entendent par le truchement des bêtes se moquer des hommes, railler les puissants et même faire entendre des cris de révolte. Qui pourrait dans Les Animaux malades de la peste ne pas voir derrière le Lion, qui s’accuse de « peccadilles », oublie de confesser ses gros péchés, le Roi lui-même ? Les Renards, toujours prêts à le flatter, ne ressemblent-ils pas à Saint-Aignan, à Dangeau, et le pauvre bourricot n’est-il pas le peuple si souvent sacrifié et qui, en fin de compte, paiera ? » […]

Venez vous faire votre avis sur La Fontaine devant Dialogue à Fables !

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